03: St Quay à Bréhec

L’étape la plus sauvage du GR34

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-quay-portrieux-a-brehec-par-le-gr34-103829945

Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore en France de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, un livre sera publié bientôt sur Amazon pour traiter ce parcours.

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Avec plus d’une centaine de mètres d’altitude, les grandes murailles sombres de gneiss et de granite s’enorgueillissent d’être les plus hautes de Bretagne. Ce fut sans doute une performance de dessiner par endroits un chemin dans ce vertige minéral souvent proche de l’inaccessible. Alors, ces parois rocheuses inexpugnables tombent sur des plages de sable alanguies, des anses cachées abritées, où les repères des humains se perdent pour mieux se perdre dans la nature bretonne profonde. La pointe de Plouha offre de sublimes vues panoramiques sur la mer. Et que dire de cet incroyable Gwin Zégal, “vin de seigle” en français, l’un des deux derniers ports sur poteaux de Bretagne, relique d’une tradition portuaire ancestrale ? Le chemin n’y passe pas, mais il faut y aller à tout prix, au risque de se priver d’une leçon de magie incontournable. Depuis le début du Moyen-Âge, les pieux y sont régulièrement changés. Miroitant sur la grève, leurs reflets font ressurgir un lointain passé où les ports n’avaient pour toute amarre que quelques poteaux de bois dans des amoncellements de pierres.

Et puis, il y a plus lopin cette immense plage Napoléon, un des hauts lieux de la Résistance de la dernière guerre. On se pend à jouer les aviateurs, tapis dans le maquis avant de lorgner, la nuit tombée, les barques qui vendraient les chercher pour les rapatrier en Angleterre. L’étape se termine à Bréhec, un port perdu tout là-bas, dans les galets, au bord de la mer. C’est assurément une étape irrésistible.

Difficulté du parcours : Dans cette étape, les dénivelés sont prononcés (+566 mètres/-552 mètres). C’est un parcours-passe-pattes, qui monte et descend toute la journée. Aujourd’hui, la corniche est plus haute. A la Pointe de Plouha, on frôle les 100 mètres de hauteur. On l’a déjà dit. Dans cette première partie du GR34, rien n’est jamais plat, alors que vous marchez au bord de la mer. La géographie et la géologie en sont pour beaucoup.

 

C’est une étape très nettement à l’avantage des chemins :

  • Goudron : 1.2 km
  • Chemins : 18.4 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les vrais dénivelés, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1 : Une belle promenade sur la côte de St Quay.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : succession de montagnes russes peu conséquentes.

Le chemin part aujourd’hui des plages de St Quay devant le casino. Une route sort progressivement du bourg.

La balade dans ce décor de rêve et de carte postale va se perpétue sur le chemin du littoral. Attention ! C’est loin d’être plat par ici.

Cela monte et descend sans cesse, parfois sur de courts escaliers.
En se retournant, la vue est belle sur les criques de St Quay.
A la sortie du bourg, les barrières blanches disparaissent, signe que l’on a peut-être quitté la promenade des touristes. Alors, un chemin de terre va faire le tour de la Pointe de l’Isnain.

Alors, la nature se fait un peu plus sauvage après les dernières maisons de la ville, perchées sur la corniche.

Le chemin descend alors au niveau de l’eau pour remonter près d’un camping.
Alors, on retrouve le maquis breton, ses ajoncs, ses fougères, et ses grandes haies de lierre et de laurier sauvage. Ici, un escalier monte dans un décor lunaire.
Seul, parfois, un bouquet de pins vient troubler la paix sereine du maquis.
Voici une image que vous verrez sans doute souvent. De panneaux invitent les passants à garder les chiens en laisse, d’éliminer les crottes. Rien de tout cela ici. Nous avons rencontré des dizaines, voire une centaine de ces charmantes bêtes sur le chemin. Aucune n’était tenue en laisse. En France, quand on met un panneau, ce panneau est pour les étrangers, sans doute. Incorrigible peuple, qui croit que la liberté en vacances est totale.
Mais qu’aller fouiner pour ces chiens dans le maquis ? Sans doute comprennent-ils, eux aussi, que les ajoncs ne sont pas si inoffensifs qu’ils en ont l’air. Ici, la terre est ocre, pauvre, ne permettant sans doute que la croissance des buissons et de la lande.
Ici, la corniche n’est pas très haute, mais les falaises sont assez abruptes.

On aperçoit alors en bas la baie de St Marc. On constate que d’ordinaire, les villages sont toujours construits loin de la baie et que les champs vont jusqu’à la limite du maquis de la corniche, inviolable.

On apprend ici, que le grand village en arrière-fond est celui de Treveneuc.
Un peu plus loin, le GR34 se décide à descendre du sommet de la corniche. Le chemin descend alors dans les fougères, avec parfois une pente très prononcée, vers une crique.
Le chemin rejoint une petite route, passe près de la chapelle de St Marc du XIVème siècle, toute pimpante de granite massif.
Ici, on peut faire son marché à la poissonnerie. Sur l’étal et dans les viviers, les vieilles, les lieus jaunes, les turbots, les maquereaux ou les loups côtoient les crevettes et les crabes. Les randonneurs du GR34 hésiteront tout de même à mettre un homard dans leur sac !
Ici, nous sommes à plus de 1 km du village. Les anciens bretons craignaient un peu la mer. Les embarcations des pêcheurs sont souvent de petits bateaux. Ce ne sont pas dans ces petits ports que partent les grandes pêches vers le nord.
Le chemin va alors remonter sur la corniche dans le maquis, au-dessus du port. Le sol hésite entre la terre glaise et le sable ocre.
Le terrain est rarement plat, oscillant sans cesse sur de courtes distances.

Section 2 : Dans le maquis des falaises et près des plages presque désertes, sur la corniche.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : montagnes russes plus sérieuses.

Parfois, le chemin rentre un peu dans le pays, et on peut voir ici ou là un bouquet d’arbres. Il n’y a guère que des pins ici. Parfois, le paysage s’ouvre un peu sur le large où de petits bateaux de pêche œuvrent près des côtes.

Le chemin oscille avec douceur. Ici, nous ne sommes pas très haut par rapport à la mer. On voit bientôt devant soi la Pointe du Bec de Vir.

Le chemin arrive passe bientôt à la Pointe du Bec de Vir, devant une table d’orientation. Le panorama est presque divin ici, malgré la brume.

Par temps clair, ce qui n’est pas les cas aujourd’hui, on voit le Cap Fréhel, sur la côte qui remonte de St Brieuc vers St Malo. De l’autre côté, apparaissent les hautes falaises de Plouha.

D’ici, on a une vue étendue sur le parcours à venir, à savoir le passage à travers les criques pour atteindre Le Palus. Mais, ce n’est pas la porte à côté.
Le chemin va osciller sévèrement pour rejoindre la première crique, mais ce n’est jamais long, quelques dizaines de mètres en haut et en bas, avec des replats. Les champs des paysans frôlent souvent le maquis infranchissable.

Par monts et par vaux, le chemin débouche bientôt dans la périphérie du village de Tréveneuc.

Le GR34 arrive alors à un parking au-dessus de la plage de Port Goret. C’est un estran, autrement dit une zone de marnage, une sorte de réserve de marée sage, où se nichent la flore et la faune marines. Ici, nous sommes à une petite demi-heure du Palus.

Le chemin frôle un moment les cultures du village au bord du maquis. Si vous avez un chien, ce message est pour vous, mais tout le monde s’en fout, ou presque….

Le chemin oscille sans cesse. Il redescend souvent même un peu, pour remonter aussitôt.

En dessous un minuscule port de pêche, sans doute privé, avec sa jetée. A l’horizon se détache la minuscule Île de la Mauve, en mer, entre la Pointe de Plouha et Gwyn Zegal. Le chemin n’en finira pas de la contourner.

Le chemin joue alors les yoyos dans le maquis, les ronces et les ajoncs pour rejoindre la petite route qui descend dans la crique au niveau du port privé.

Puis, il s’attarde un peu sous les grands érables, avant de remonter sur la colline dans le maquis.

Ici, le chemin frôle le maïs et les haricots.

Bientôt, derrière les champs de haricots, on aperçoit la plage du Palus en dessous.

Votre horizon reste fixé sur l’île Mauve au large, les grandes falaises de Plouha, et à court terme la plage de Le Palus.

Puis, l’univers bascule sous la forme d’on bois serré d’érables, ce qui est rare dans le pays.

Alors ici, pour quelques instants la pente est raide dans le bois, à près de 20%, pour rejoindre le bord de mer. Ici un panneau déconseille de gagner la mer et la plage. Il y a souvent de sérieux problèmes de pollution par ici, et une station d’épuration n’est pas loin dans l’arrière- pays. Les responsables du tourisme ici font des pieds et des mains régulièrement pour faire sauter les interdictions. Ceci dit en passant, cela n‘a pas empêché de voir passer un couple de marcheurs qui a gagné la plage de galets, sans même jeter un coup d’œil au panneau.

Alors, le GR34 longe un mur et arrive dans une impasse au bord de la mer.

Pourtant, pollution ou pas, plus loin, le GR34 utilise la plage de galets pour gagner le Palus. A marée haute, avec de hautes vagues, si vous ne passez pas, il faudra faire un détour dans l’arrière-pays.

La plage, ce sont de gros galets polis, sans une molécule de sable. On conseille de ne pas s’approcher des falaises instables. Le site est sauvage, avec passion. Il est toujours assez étonnant de constater les morphologies des plages. Ici, ce ne sont que des galets ; à la page Bonaparte, un peu plus loin, il n’y a que du sable, pas un caillou.

Les hautes falaises de la Normandie en moins, Le Palus, c’est un peu Étretat, avec encore moins de sable. Comment pose-t-on son linge ici pour se baigner ? Il y a toutefois un peu de sable à marée basse, à l’extrémité de la plage.

Site remarquable, c’est l’endroit de rêve pour faire une pause et respirer l’iode de la mer, à 2 h 45 de Bréhec.

Deux petites rampes d’escalier qui vous transportent au septième ciel, et vous voici à nouveau sur la corniche.

Ici, cela grimpe sec sur la terre ocre du maquis.

La pente est très prononcée ici pour nous amener au-dessus de la plage sur la corniche. Vous allez monter jusqu’à 90 mètres d’altitude. C’est la hauteur maximale que les falaises atteignent sur cette partie de la côte.

Il y a quelques châtaigniers sauvages au milieu des fougères et des ajoncs urticants.

Au sommet de la côte, la pente s’atténue et le chemin se dirige vers l’Ile Mauve à l’horizon.

Section 3 : Des caps et des pointes d’une beauté redoutable.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : montagnes russes sérieuses.

Le chemin se rapproche bientôt des rares maisons de Port Logod, bien en retrait de la corniche. Tout cet espace des Falaises du Goélo est un domaine protégé. Et avec raison.

Plus loin, il entre dans un sous-bois. Au milieu des hautes fougères se glissent encore les érables, mais on commence à apercevoir aussi des châtaigniers, absents jusqu’ici du paysage breton. Ici, on encourage les randonneurs à ne passer au-dessus des falaises.

Un peu plus loin encore après un replat, le chemin recommence à monter plus sèchement dans le maquis. La plupart du temps, les chemins du GR34 sont étroits par ici. Il faut comprendre le travail que doit représenter de conserver un chemin intègre, non envahi par le maquis.

Peu après, la pente se calme un peu en sortant du bosquet.

Mais, c’est un court répit, car le chemin monte encore. Ne vous effrayez pas, les montées sont constantes, mais toujours brèves, les descentes aussi.

Le chemin passe bientôt à la Pointe de Plouha, avec l’Île Mauve devant le promontoire.

De la pointe, la vue est belle sur la côte déchiquetée jusqu’au cap de Gwyn Zegal qui s’avance dans la mer.

Toutefois, à la pointe de Plouha, nous ne sommes pas encore arrivés au sommet de la montée. La pente devient à nouveau sévère, à près de 20% dans le maquis.

Puis, le chemin se met à osciller, avec ci et là des pins émergeant du maquis. On contourne l’Île Mauve au large.

En dessous, au pied des falaises escarpées, une plage de rêve de sable gris, sans doute inaccessible sans y arriver en bateau.

Le GR34 va alors quitter momentanément le bord de la corniche pour s’enfoncer un peu dans l’arrière maquis. Alors, on retrouve les érables et les châtaigniers.

Puis, il retourne progressivement sur le bord de la corniche. On a toujours l’Île Mauve en toile de fond.

Et de cette île et de ce paysage, il est difficile d’en détourner les yeux.

En se retournant, on a encore cette vue plongeante sur la plage de sable gris inaccessible.

Plus loin, le chemin se rapproche du cap de Gwyn Zegal, qui jouxte aussi l’Île Mauve. C’est vraiment ici un espace de beauté sauvage, un vrai paradis tourmenté.

Le chemin se remet alors à osciller en pente légère au-dessus de la corniche, avec parfois un bouquet de pins.

Et partout, ces magnifiques fougères, bicolores en automne, qui distillent un charme envoutant dans le maquis.

Puis, le chemin descend un peu. Dans un trou de verdure, on aperçoit Porzh Moguer en contrebas.

La descente est courte et le chemin remonte sur la corniche. Alors s’étend devant vous un peu plus loin la côte jusqu’à l’anse de Bréhec.

Mais, c’est surtout d’ici qu’apparaît devant nos yeux ébahis ce petit miracle du Cap Gwyn Zegal, un port qui traverse les âges, où aucun véhicule n’arrive. Le bonheur quoi ! Et encore le charme de ces pieux en bois qui servent pour le mouillage. Il faudra vous contenter de tutoyer des yeux cette merveille, car le chemin n’y passe pas. Mais, si vous avez le temps, allez-y. C’est juste magique. Nous vous montrerons quelques images de ce paradis en fin d’étape, pour vous encourager d’y aller

Alors, pour changer, le chemin remonte encore un peu dans le maquis…

…avant d’amorcer la descente vers la mer. La descente est assez pentue dans le bois, parfois jusqu’à 20% de pente, sur un chemin souvent désossé.

En descendant, on peut encore jeter un dernier coup d’œil sur Gwyn Zegal et ses plages, qui ne doivent pas être très fréquentées. La route est assez distante d’ici.

Section 4 : En passant par la belle plage Bonaparte, haut lieu de la Résistance française.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : montagnes russes sérieuses.

Ici, nous sommes juste au-dessus de Porzh Moguer. Moguer signifie vieux mur ou muraille. C’est tout ce qu’il y a ici, une jetée.

Le chemin descend en pente raide jusqu’à rejoindre la petite route qui mène au port. Ici, nous sommes à 1h 45 de Bréhec, non loin de la plage Bonaparte.

Un sentier très étroit et très pentu remonte sur la corniche dans le maquis et les herbes folles. Dans ces sentiers étroits, regardez où vous mettez les pieds. Nous avons croisé des serpents.

En montant, on voit même quelques cultures à la sortie du taillis.

En vous retournant, jetez un dernier coup d’œil à Cap Zegal qui s’enfuit derrière vous.

Arrivés sur la corniche, le pays s’ouvre et on voit en premier plan l’anse de la plage Bonaparte et en arrière-plan l’anse de Bréhec. Le temps se gâte aujourd’hui méchamment. Il va pleuvoir c’est presque sûr.

Le chemin ondule alors en douceur dans le maquis épousant toutes les aspérités du terrain. Ici, les pins ne poussent que rarement isolés. Ils préfèrent former des groupes.

Au détour du chemin, on a la plage Bonaparte devant soi, et on y est presque arrivé.

Le chemin amorce alors une descente vers la mer.

Un moment, le GR34 trouve une petite route qu’il suit lorsque celle-ci frôle la périphérie du village de Trévors.

Peu après, il retrouve le chemin de terre.

Le GR34 flirte alors un peu avec le maïs et les sous-bois en passant au-dessus de la plage Bonaparte.

Puis le chemin monte vers la stèle de Shelburn. Et comme pour marquer ce coin historique breton, il pleut des cordes. Il faut trouver un arbre pour se mettre un peu à l’abri. Mais, quand on sait ce qu’ont dû endurer les résistants ou les pilotes anglais, c’est de la rigolade. Personne ne sait s’ils empruntaient aussi le GR34 ou avaient dessiné des chemins secrets dans le maquis pour éviter les patrouilles allemandes, cantonnées au Port de Bréhec.

C’est donc ici qu’officiait durant la seconde Guerre Mondiale une partie du réseau Shelburn, qui comptait près de 980 agents en 1943. Les pilotes et agents secrets anglais, qui avaient réussi à passer entre les gouttes, après avoir été abattus par les Allemands, et qui avaient pris contact avec la Résistance, étaient acheminés vers St Brieux ou Guingamp, cachés et le jour J amenés ici. Lorsque Radio Londres annonçait : “ Bonjour à tous dans la maison d’Alphonse”, les pilotes arrivaient ici à la maison d’Alphonse, à 1 kilomètre de la grève, parcouraient le maquis dans l’obscurité et se laissaient glisser jusqu’à la plage où attendaient des barques. On les convoyait alors vers une vedette rapide de la Royal Navy, à une centaine de mètres du rivage. Le papa de Jane Birkin était le chef d’expédition. Huit opérations furent menées avec succès, permettant de rapatrier 142 pilotes en Grande–Bretagne.

La plage Bonaparte est juste en dessous. On y accède par un petit tunnel. Disons-le ainsi, le site est juste exceptionnel.

C’est encore plus beau quand il pleut, que la mélancolie de souvenirs terribles épouse la beauté sauvage des rochers, du sable gris et de la mer.

A la plage Bonaparte, nous sommes à 5 km de Bréhec. Chaque fois que le chemin descend sur la mer, la remontée sur la corniche est sévère, ici avec de pentes entre 10% et 20%.

Quand on arrive sur les hauts de la corniche et que l’on se retourne, on voit une grande partie du parcours, de l’Île de la Mauve, de Gwyn Zegal, aux plages de Porz Moguer et de Bonaparte. La côte du Goëlo entre progressivement dans nos mémoires. C’est un parcours d’exception, bien sûr.

Puis, le chemin va osciller longtemps en pente douce (on a eu assez de dénivelés jusqu’ici !) dans le maquis. La pluie a cessé, et comme souvent après la pluie la luminosité est exceptionnelle.

Plus loin, le chemin redescend de la corniche. On voit bientôt poindre la bouée qui marque l’entrée de la baie de Bréhec.

Alors, le chemin se balade sur la falaise, non loin du village de Kerliviou.

Section 5 : Entre corniche, falaises et plages.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : montagnes russes sérieuses.

De nombreuses personnes sont persuadées que de marcher sur le littoral de la mer, c’est une balade. Venez ici et vous déchanterez. Ici encore, le chemin va remonter pour passer à la périphérie du village de Kerliviou, bâti comme tous les villages de la région loin de la côte.

Le chemin se dirige alors vers la Pointe de la Tour.

De là-haut, vous revoyez derrière vous le parcours effectué le long des falaises de Plouha, mais surtout l’anse de Bréhec et sa grande plage, au bout du parcours.

Un mauvais chemin va redescendre alors vers la mer dans le maquis et le sous-bois, souvent entre des pentes entre 10% et 20%.

Le spectacle est total. Le bonheur est devant vous. Vos jambes ne font plus mal.

Mais, comme souvent dans la région, la descente n’est pas continue, A un moment, le chemin va même remonter pour passer une crique. Toutefois, à l’horizon Bréhec se rapproche.

Encore un petit tour dans les châtaigniers et les érables…

…et le chemin arrive au bord de la grève de Bréhec. Ici, un choix s’impose. Le GR34 remonte sur la corniche pour redescende sur Bréhec. Mais, si la marée est basse ou la mer pas trop haute, vous pouvez aussi passer par la plage. Fates-vous ce petit plaisir.

Allez jusqu’au rochers et vous verrez la situation. Attention ! A marée basse, il y a parfois de petits ruisseaux qui courent sur le sable.

La traversée de la plage est longue, magnifique. A marée basse, le sable est compact. Si la mer est un peu plus haute, on peut passer sur les rochers.

Ne vous arrêtez pas ici, si vous n’avez pas réservé un logement. Ils sont très discrets dans la région. Si vous ne pouvez trouver à vous loger ici, il vous reste la belle étoile ou aller jusqu’à Paimpol, à 16 km d’ici.