01: St Brieuc à Binic

Sur la belle côte du Goëlo

 

DIDIER HEUMANN, ANDREAS PAPASAVVAS

 

 

 

Nous avons divisé l’itinéraire en plusieurs sections, pour faciliter la visibilité. Pour chaque tronçon, les cartes donnent l’itinéraire, les pentes trouvées sur l’itinéraire et l’état du GR65. Les itinéraires ont été conçus sur la plateforme “Wikilocs”. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir des cartes détaillées dans votre poche ou votre sac. Si vous avez un téléphone mobile ou une tablette, vous pouvez facilement suivre l’itinéraire en direct.

Pour ce parcours, voici le lien:

https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/de-st-brieuc-a-binic-par-le-gr34-103315963

Ce n’est évidemment pas le cas pour tous les pèlerins d’être à l’aise avec la lecture des GPS et des cheminements sur un portable, et il y a encore en France de nombreux endroits sans connexion Internet. De ce fait, un livre sera publié bientôt sur Amazon pour traiter ce parcours.

Si vous ne voulez que consulter les logements de l’étape, allez directement au bas de la page.

Vous êtes à St Brieuc, tout là-haut au sommet de la France. Et vous vous dites sans doute que la France est un beau pays, uni du nord au sud, qu’il en a toujours été ainsi. Madame Le Pen le dit aussi, à condition de chasser tous les étrangers. Mais, quelle grossière erreur ! Non seulement au sens sociétal, mais surtout au sens géologique du terme, car la France ne s’est pas faite ainsi. Vous ne me croyez pas ? Alors voici à quoi ressemblait la France, il y a quelque 500 millions d’années. Vous allez me dire que c’est de l’histoire ancienne. Certes, mais cela permet de relativiser le monde.

Sur le schéma, la Bretagne et la France du Nord appartiennent à un supercontinent qui se nomme Avalania (c’est la flèche 1). Ne prêtez pas attention à ces désignations. Ce n’est que du jargon de géologues, qui caractérisent ces régions selon les données géologiques décrites pour un petit territoire de la terre, caractéristique de la région à l’époque. Mais à quoi correspond l’Avalania ? Pour faire simple, c’est la Pologne actuelle, une grande partie de l’Allemagne du Nord, la Belgique, les Pays-Bas, la Belgique, la France du Nord, l’Angleterre et l’Irlande. Cela paraît exigu, non ? Et pourtant. Le Laurentia, vous le reconnaissez déjà assez bien, à sa forme. Cela correspond grosso modo à l’Amérique du Nord. Baltica, c’est l’actuelle Scandinavie, les Pays-Bas, l’Ukraine une partie de la Russie. Siberia, c’est le reste de la terre du Nord, avec la Russie, la Chine et le Japon.

Et où est Marseille à cette période ? Bien en-dessus de l’équateur (c’est la flèche 2 du schéma), dans le supercontinent nommé Gondwana. Gondwana, ce n’est pas rien. Ce n’est pas moins que l’Afrique, l’Arabie, l’Amérique du Sud, l’Australie et l’Antarctique. Vous reconnaissez bien l‘Espagne, l’Italie et la France du Sud. Et entre Alvania et Gondwana, il y a un grand océan, l’Océan Rhéique. Alors, l’unité de la France, il faut bien aller la chercher. Et puis, tout ce gentil monde évolue au cours des siècles. Vers 480 millions d’années, le bloc Avalonia se détache de la bordure du Gondwana pour migrer vers la Baltica. La collision de l’Avalonia avec la Baltica se produit vers 450 millions d’années, bloc qui rejoindra la Laurentia vers 420 millions d’années, pour former la grande plaque du Laurassia, qui est donc un condensé entre l’Amérique du Nord et la Scandinavie. Vers 300 millions d’années, tout est réuni en un seul et unique supercontinent, la Pangée.

De la science-fiction, tout cela, non ? Ce n’est qu’au début du XXème siècle que le scientifique allemand Alfred Wegener a émis l’idée que les continents terrestres bougeaient, dans un mouvement qu’il a appelé la “dérive des continents”. Il a émis cette hypothèse en constatant que les côtes de l’Afrique de l’Ouest et celles de l’Est de l’Amérique du Sud ressemblaient à des pièces de puzzle qui se seraient détachées et éloignées l’une de l’autre. En examinant tous les continents, il émit l’hypothèse qu’ils avaient tous déjà été unis en un seul supercontinent, baptisé Pangée (du grec ancien pan qui signifie entier, et Gaia qui signifie Terre. La Pangée n’est pas le seul supercontinent qui a existé. On l’a vu précédemment. Puis, à partir de 225 millions d’années, les continents ont commencé à migrer. Les mouvements se sont succédé durant des millions d’années. C’est au Crétacé, il y a seulement 65 millions d’années que l’Atlantique s’est formé, séparant d’abord l’Amérique du Sud, puis l’Amérique du Nord de l’Eurasie Et les mouvements ont perduré pour former la structure actuelle de la terre, qui évolue encore de nos jours. Mais, la France était déjà la France après la fusion du Gondwana et de Alvania. Vous êtes rassurée, Madame le Pen ?

 

Voici à quoi correspond notre globe terrestre, un peu plus tard, il y a 200 millions d’années. Tout reste à faire pour séparer l’Europe de l’Amérique du Nord et l’Amérique du sud de l’Afrique.

Ce qu’il faut bien comprendre à ce point de la démonstration, c’est que le déplacement de ces grands bulldozers ne se passe pas sans produire un grand fracas. Quand deux bulldozers se rencontrent, cela fait des dégâts. Un bloc glisse sous l’autre qui se soulève. Et tout ce fracas s’accompagne de la formation de montagnes, qui ne sont en fait que des poussées de la matière d’un supercontinent sur l’autre. Et cela peut atteindre des altitudes démesurées, jusqu’à 8’000 mètres. Et alors, la matière du dessous gronde, se révolte. Ce sont les volcans. La géologie est simple, quand on l’explique pour des enfants, non ? Toutes ces gentilles petites modifications de la croute terrestre que sont les montagnes portent des noms poétiques : brabançonne, calédonienne, varisque, herycnienne. Mais, quand on sait tout ce qui s’est passé auparavant, vous comprenez vite que les montagnes ne sont pas toutes nées en même temps. Le Massif armoricain qui est la Bretagne, et qui vient d’Alvania, n’a rien à voir avec le Massif Central, qui provient de Godwana. Mais, ne croyez surtout pas que la Bretagne a toujours été à basse altitude. La sédimentation se poursuit pendant qu’un nouveau continent percute le Massif armoricain. Durant 50 millions d’années, cet affrontement érige une chaîne de montagnes culminant probablement à près de 7’000 mètres. Cette collision est comparable à celle de l’Inde et de l’Asie qui, actuellement érige la chaîne himalayenne. Après 80 millions d’années, la rencontre des deux continents se transforme en un mouvement coulissant le long d’une grande faille, qui s’étend aujourd’hui à travers la Bretagne. Toujours active, cette faille est à l’origine des séismes se produisant au sud du Massif armoricain. À l’Ouest, débute l’ouverture de l’océan Atlantique. Le continent se fracture et du magma remonte par des fissures. Repoussé peu à peu de part et d’autre d’une fracture principale, il se refroidit et forme un nouveau plancher océanique. L’océan Atlantique est né. L’Eurasie et l’Afrique s’éloignent progressivement des Amériques, la fameuse dérive des continents.

Alors comment a évolué le massif armoricain, dont fait partie le Bretagne dans cette affaire ? Jusqu’à 500 millions d’années, se constitue le véritable soubassement de la Bretagne, le socle primitif. On y trouve des boues et des sables marins modifiés au cours du temps, et du matériel volcanique. Il en est presque toujours ainsi, pour la très grande majorité des montagnes, qui sont l’addition de matériel profond venant du centre de la terre (les matériaux volcaniques et les granites) et de matériaux provenant des déchets de la mer, que sont grosso modo les calcaires des coquilles. Entraînés en profondeur lors des plissements à l’origine des montagnes de cette période, ces roches ont été profondément modifiées par la chaleur et la pression en donnant des schistes, des gneiss ou des granites.

Puis se développe progressivement au cours des siècles le massif breton proprement dit. C’est un phénomène mixte, marqué par l’érosion progressive des anciennes montagnes, et le dépôt successif de sables et des boues déposées dans une mer froide à tempérée, puis l’apparition de calcaires tropicaux avec des coraux et des vestiges de luxuriantes forêts. Tout ce gentil cortège s’achève vers 320 millions d’années avec la formation d’une immense chaîne de montagne, résultat de la collision entre les plaques Gondwana et Laurussia. Au cours de cette collision, les roches volcaniques et les sédiments marins sont entraînés dans les profondeurs de l’écorce terrestre à la faveur de plissements gigantesques. Soumis à de fortes températures et pressions, ils sont profondément métamorphisés et modifiés à nouveau en schistes et gneiss. Vous avez tout de même de la peine à imaginer qu’ici les montagnes pouvaient se trouver à 7’000 mètres au-dessus de la mer ? Et pourtant.

Alors, avec le temps, le démantèlement des montagnes s’est accéléré, et la Bretagne est alors devenue une île aplanie, sans doute parcourue par des hardes de dinosaures. Ce dernier retour significatif de la mer en Bretagne est sans doute un écho des mouvements alpins. Au Quaternaire (c’est récent, 2,6 millions d’années), lors des phases de froid les plus intenses, le développement d’immenses calottes glaciaires polaires a provoqué, à plusieurs reprises, une chute du niveau marin de près de 120 m. Durant cet épisode qui se poursuit aujourd’hui, les périodes froides et tempérées se succèdent. Ces alternances entraînent des variations cycliques de la végétation et de la faune, et de fréquents déplacements de la ligne de rivage. Pendant les périodes froides, la calotte glaciaire s’étend jusqu’au sud de l’Angleterre. Nos ancêtres s’aventurent dans les steppes à la poursuite des troupeaux de grands mammifères. Ils s’installent le long des falaises, d’où ils peuvent observer l’étendue plate de la Manche asséchée. Aujourd’hui encore, de légères oscillations du niveau marin continuent à modeler le littoral par érosion ou accumulation de sables et de vases. L’histoire continue…

Après cette introduction un peu déroutante pour certains lecteurs, vous êtes préparé à vous aventurer sur la côte bretonne. Vous allez vite vérifier que vous marchez plutôt sur des granites et des pierres volcaniques, mais sur un fond parfois calcaire. Le parcours sort de St Brieuc dans un décor incroyable de criques, de ponts et de rivières. Suit alors un parcours dans de beaux quartiers périphériques donnant sur la mer avant de s’en aller pour longtemps sur les corniches dans le maquis breton. Aujourd’hui, le parcours reste près de la mer que vous dominez le plus souvent du haut de la corniche. Il ne part guère dans l’arrière-pays, comme il le fera souvent par la suite. L’étape se termine à Binic, un joli port, comme le sont tous les ports de Bretagne.

Difficulté du parcours : Dans cette étape, les dénivelés sont relativement conséquents, mais la pente est assez supportable (+454 mètres/-532 mètres). Mais, c’est un parcours-passe-pattes, qui monte et descend toute la journée. Rien n’est jamais plat, alors que vous marchez au bord de la mer. La géographie et la géologie en sont pour beaucoup.

Dans cette étape, les passages sur chemin dépassent nettement ceux sur le goudron :  

  • Goudron : 7.2 km
  • Chemins : 16.4 km

Il est très difficile de spécifier avec certitude les pentes des itinéraires, quel que soit le système que vous utilisez.

Pour les vrais dénivelés, relisez la notice sur le kilométrage sur la page d’accueil.

Voici un exemple de ce que vous trouverez. Il suffit de prendre en compte la couleur pour comprendre ce qu’elle signifie. Les couleurs claires (bleu et vert) indiquent des pentes modestes de moins de 10%. Les couleurs vives (rouge et brun foncé) présentent des pentes abruptes, le brun dépassant 15%. Les pentes les plus sévères, supérieures à 20-25%, très rarement plus, sont marquées de noir.

 

Section 1 : La traversée de St Brieuc.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

 

St Brieuc est la préfecture des Côtes d’Armor avec ses 45’000 habitants. Elle est ceinturée par les vallées profondes du Gouët et du Gouédic. Autrefois, la ville était entourée de portes pour encaisser les taxes de transport de marchandises. Il n’en reste quasi aucune trace. La ville tient son nom du moine gallois Brioc, qui a fondé la ville, créant un monastère à un emplacement qui devait être proche de l’actuelle cathédrale.

Vous arriverez peut-être en TGV à St Binic, sur la ligne Paris-Brest, pour entamer le GR34. La ville nouvelle ne présente guère d’intérêt touristique, mais il fait bon flâner dans les ruelles commerçantes de la ville ancienne.

La ville compte une bonne dizaine d’églises. Le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier est rattaché à Rennes, mais il rassemble les deux cathédrales correspondant aux précédents évêchés de St Brieuc et de Tréguier. Il y a un évêque présent à St Brieuc. La basilique, de construction récente vers la fin du XIXème siècle, n’est pas localisée dans l’ancienne ville, alors que la cathédrale St Etienne, classée au titre des monuments historiques, est en plein centre. La cathédrale est de style gothique, construite du XIIIème au XVIIIème siècle. Elle présente de nombreux aspects d’une église fortifiée. On y conserve les reliques du saint fondateur. On n’y pénètre guère aujourd’hui, sujette qu’elle est à de gros travaux d’entretien. Sur la place de l’église se dressent les halles métalliques, construites à l’époque de Gustave Eiffel, un édifice aussi répertorié par les Monuments Historiques.

Tout à côté de la cathédrale, l’Hôtel de Bellecize est un joli pavillon ovale du XVIIème siècle, aussi classé à l’inventaire des monuments historiques. Il jouxte un parc public où se trouvait autrefois l’ancien palais épiscopal.

De nombreuses maisons à colombages se dressent près de la cathédrale, notamment au niveau de la rue Fardel. Au Moyen-âge, cette rue marquait la sortie de la ville. La maison la plus célèbre est l’hôtel dit des ducs de Bretagne, une ancienne taverne jusqu’au XVIIIème siècle. Sa façade avec ses encorbellements, et ses têtes de lion ou ses soldats casqués taillés, ainsi que ses pilastres, sont vraiment remarquables. La plupart des maisons à pans de bois du centre-ville sont inscrites dans les registres des monuments historiques. Ces maisons ont parfois un aspect franchement médiéval ou alors sont de type Renaissance bretonne. Il faut dire que les façades colorées, les sablières, les moulures sculptées, les frises et leurs motifs sculptés, les poutres, les colombages offrent une image prenante au milieu des maisons toute faites de moellons de pierre.

Pour entamer le GR34, le mieux est de partir de la gare. Ici il n’y a aucune indication du GR34. Il faut suivre le Blvd Charner, puis le Bvd Waldeck Rousseau, jusqu’au Parc des Promenades. Au bas du Parc des Promenades, on peut remonter le parc ou prendre le Blvd de la Chalotais, là où se dresse le gigantesque Monument aux Morts.

Au sommet du boulevard, à l’esplanade Patrick Dewaere, il faut emprunter le Passage de La Fontaine aux Loups, qui donne accès à la vallée du Gouédic en dessous.

Un escalier passe sous le boulevard et un chemin descend en pente assez marquée vers le bas du vallon.

Au bas, un large chemin s’en va à plat sous les grands érables, vers le viaduc de Toupin.

Saint-Brieuc est traversée par deux vallées où coulent les rivières du Gouët et du Gouédic. Le relief de la ville, avec ses deux vallées encaissées, a conduit à la construction de plusieurs ponts. Le viaduc de Toupin, passe au dessus de la vallée du Gouédic. Il date du début des années 1990, faisant partie d’un réseau ferroviaire aujourd’hui disparu.

Ce haut viaduc de pierre, de près de 40 mètres de hauteur, aussi inscrit aux Monuments Historiques, sert aujourd’hui de route. De nombreux chemins sillonnent la vallée, but de nombreux promeneurs locaux et de joggeurs. Notre direction est celle du Port Du Légué.

Peu après, le chemin passe sous le Viaduc du Gouet, un pont routier achevé en 1983, où passe la RN12, l’axe majeur de la Bretagne Nord, l’autoroute qui va vers Brest. Ce pont de béton voit passer plus de 150’000 véhicules par jour.

Sitôt après, le chemin traverse le Louédic et suit la petite rivière sous les arbres, principalement des érables et des chênes dans la région.

Le Louédic n’est qu’une petite rivière et la balade ici est reposante sous les arbres, dans le vallon très encaissé.

Puis, le chemin sort progressivement du vallon en longeant la station de traitement des eaux.

Ici, il traverse pour une dernière fois le Gouedic qui finit da course à deux pas dans le Gouët.

Le chemin rejoint alors la route à l’entrée du Port du Légué. C’est ici qu’apparaît le premier signe rouge et blanc du GR34, qui vient d’Yffiniac, plus au sud. Rappelons que les GR, chemins de grande randonnée sont marqués du signe rouge et blanc, car ici passe aussi un PR, chemin de petite randonnée marqué de jaune et rouge.

Le GR longe un peu le Quai Surcouf. Devant vous se dresse le viaduc de la RN12 qui enjambe la vallée du Gouët, où nous nous trouvons. Il se dirige alors vers le pont tournant.

En principe, le pont tournant est disponible. Mais, parfois, il n’est pas d’usage, notamment pour laisser passer des bateaux. Alors, il faudra faire un détour, remonter le quai, passer sous le viaduc et revenir de l’autre côté du Gouët.

Section 2 : Le long du Légué.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : parcours sans difficulté.

Le port du Légué est d’un charme inouï, comme le sont généralement tous les ports de la Bretagne. C’est un mix de bateaux de pêcheurs et de bateaux de croisière.

Après avoir franchi le pont, le GR34 s’en va sur la route, en direction de la mer. St Brieuc est un port de commerce et de plaisance assez conséquent. La route longe le port assez longtemps, passant près des bâtiments administratifs, de la capitainerie.

En passant, elle traverse le village très étendu de La Tour.

Le village se nomme ainsi, car de l’autre côté du Légué se dresse sur la colline la Tour du Cesson, une tour en ruines. Cette tour du XIVème siècle a été érigée pour protéger la ville des attaques potentielles d’agresseurs.

A la sortie du village la route rejoint la pleine mer à la sortie du port. Elle se dirige vers le phare en contre bas, mais n’y va pas. Par beau temps, ce premier contact avec la pleine mer est envoutant.

La route se dirige vers St Laurent de la Mer. Ici, les villages font partie de la commune de Plérin, comme le port. Le GR34 n’entre pas dans le village, Il va le longer sur un chemin qui suit la corniche.

Un étroit chemin se faufile alors sur la corniche, entre maisons de pierre traditionnelles et maisons très modernes et élégantes. Nous sommes du côté de la Anse à la Vierge. Ici, la corniche est peu élevée par rapport à la mer.

Une certaine douceur de vivre habite ici. Si ce n’est le style des maisons, la végétation et le climat font penser au Midi.

Le chemin gagne l’Anse aux Moines. Sur le chemin, poussent les arbres à papillons.

Le GR34 entre alors un peu dans le village par la Rue des Trois Plages pour redescendre vers la mer, aujourd’hui d’un calme absolu.

Le GR34 longe alors la berge de St Laurent de la Mer.

Au bout de la plage des Nouelles, une rue monte à la périphérie du village très étendu de St Laurent de la Mer.

Le GR34 tourne sur un promontoire à la sortie de St Laurent. Ici, on annonce un parcours qui part dans la nature. Le Pointe du Roselier est à 1.6 km d’ci, et Binic à 14 km.

Section 3 : Sur la corniche du côté de la Pointe du Roselier.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : succession de montagnes russes.

Aussitôt, le GR34 quitte le goudron pour un chemin qui monte dans le sous-bois, à la limite des maisons. Jusqu’ici, les dénivelés ont toujours été très raisonnables. On voit sur le chemin au milieu des ronces, des ajoncs, des aubépines et de la charmille, de nombreux petits fruits, comme des mûres ou des cynorrhodons, mais ce n’est pas encore le vrai maquis breton.

Le chemin ondule alors doucement sous les grands érables. On voit monter en puissance les ajoncs, symbole du maquis breton.

Peu après, on retrouve la route sur la Rue de la Corniche qui monte vers un lotissement dominant la baie. Il faut dire qu’en Bretagne Nord les lotissements sont de bon goût, souvent dans l’esprit des anciennes maisons. Ici, on ne sait pas sur quelle commune sont ces immeubles. St Laurent ou la Viila Hervy ? Il y a de nombreux petits villages sur la côte dans l’arrière-pays.

De là-haut, en se retournant à une belle vue étendue sur la baie de St Brieux, sur St Laurent de la Mer et même sur la Tour du Cesson.
La route monte encore jusqu’à trouver un chemin qui s’en va en montant vers le haut de la corniche.

Ici, la pente est soutenue sur la terre ocre, pauvre, ne permettant sans doute que la croissance des buissons et de la lande.

St Brieuc s’enfuit de votre regard de l’autre côté de la baie.

La pente s’adoucit alors sur la corniche. Ici vous marcherez dans ce que l’on nommera le “maquis breton”. On trouve la majorité des espaces des maquis du sud, comme en Corse ou en Sardaigne, des filaires, des arbousiers, des genévriers, du myrte, et de nombreuses autres espèces (plus de 1000). Ne manquent que les euphorbes et les pistachiers. Mais, ce qui domine nettement, c’est l’ajonc avec ses piques terribles, l’emblème de la Bretagne, qu’il faudra éviter sur le chemin. Heureusement, les parcours sont entretenus régulièrement, sinon la végétation envahirait vite tout l’espace.

Le chemin atteint bientôt la Pointe du Roselier. Celle-ci forme une avancée de plusieurs kilomètres dans la baie. D’ici, on voit toute la côte, des deux côtés. La vue est très spectaculaire du haut de ce promontoire. Nous ne sommes montés que de 60 mètres du niveau de la mer, mais vous aurez parfois le sentiment sur cette côte de marcher en moyenne montagne. Le chemin ne monte jamais très haut, mais il se plaît à onduler avec rigueur, de la mer à la hauteur.

Le promontoire a été utilisé depuis longtemps pour surveiller et défendre la côte. Il y avait ici un corps de garde, un ancien télégraphe et un sémaphore, aujourd’hui disparus. Le seul vestige qui demeure est un four à boulets, témoin d’un dispositif défensif du XVIIIème siècle.
Depuis la pointe, le chemin ondule doucement dans le maquis. Si l’ajonc est l’emblème de la Bretagne, une autre espèce abondante présente du littoral est bien la fougère. En automne, les fougères marient avec bonheur le vert et le brun. On aperçoit bientôt le village de Port Martin, perché sur la falaise.

Ici, le chemin amorce une descente raide dans la forêt de Bachelet, au milieu des érables et des pins.

Le chemin arrive au bas de la descente à Port Martin. En contrebas, la plage est faite d’une crique de rochers et de galets, avec un peu de sable. On dit que c’est un paradis du coin pour les pêcheurs à pied. En septembre, on ne voit plus que des retraités qui se baladent sur le chemin, et plus rares sont les gens qui se jettent à l’eau ou les commerces ouverts sur le chemin.

Sur le GR34, il est toujours bon de noter les adresses où on trouve à se loger. Elles ne sont pas légion.

Le GR34 remonte alors sur la route vers le village de Port Martin.

Il ne fait que frôler le village.

Il suit encore un mauvais goudron le long des belles maisons de la périphérie du village avant de trouver un chemin de terre.

La pente se fait soutenue, à près de 15%, entre lande et maquis aujourd’hui brûlés par le soleil.

Plus haut, le chemin gagne le sommet de la corniche, au lieudit La Roche des Tablettes.

De là, la vue s’étend vers la plage des Rosaires, et à l’horizon vers St Quay/Portrieux.
Le chemin, on dirait presque du sable, se balade alors dans le maquis de la corniche, avec parfois un pin, qui fait le coq au-dessus de la mer.

Sur la corniche, la plage des Rosaires en-dessous grossit maintenant à vue d’œil.

Section 4 : Le long de la grande plage des Rosaires.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : succession de montagnes russes.

Le chemin amorce alors la descente dans la végétation luxuriante vers Les Rosaires dans les ajoncs et les fougères.

Ici, on se balade sous les pins décharnés, les châtaigniers vénérables et les érables omniprésents.

En dessous, on aperçoit bien vite la plage des Rosaires. La descente est marquée, il y a même des escaliers en fin de parcours.

Le chemin débouche sur les galets de la plage et un chemin étroit s’en va vers le village dans la lande, le long des palissades.

Ici, la plage est étendue, faite de galets et de peu de sable. Rares doivent être les baigneurs qui s’aventurent jusqu’ici. Plus loin, Le chemin arrive bientôt au début du quai de la berge.

Ce jour-là la température était clémente. Environ 25°C, la canicule en Bretagne quoi ! Alors, on voyait les retraités dans l’eau nager ou pratiquer l’Aquatonic, cette marche à la mode dans l’eau jusqu’au ventre…

… ou alors les éternels joggeurs, présents à toutes les heures de la journée.

La jetée est assez longue ici, et de gros rochers protègent la digue peu épaisse. Plus loin, ce sont les loueurs de bateaux pour tous usages.

Au bout de la jetée, une route remonte vers le haut du village. Ici, on annonce Tournemine à 30 minutes.

Le GR34 monte le long de villas plutôt récentes jusqu’à trouver la naissance d’un chemin.

Un étroit chemin ondule alors au milieu des hautes fougères et des herbes folles. Les fougères ici atteignent des mètres de hauteur et prospèrent au milieu des ronces, des lierres sauvages, des aubépines, des ajoncs, des pruneliers et de la charmille.

Puis, le chemin descend en pente assez prononcée vers la plage de Tournemine, dans la terre ocre, sous les pins, les frênes, les érables et les châtaigniers. Ce jour-là, il y avait foule à la plage de Tournemine, une course d’école.

Une route contourne le village de Tournemine, sans aller sur la berge. Tous les villages traversés depuis le port du Légué appartiennent à la commune de Plérin, une région assez étendue avec ses 14’000 habitants.

A la sortie de Tournemine, la route prend la direction de Pordic, le gros village de l’arrière-pays de la région. Le GR34 retourne sur la corniche.

La pente progressivement se fait sentir en montant sur la corniche, au milieu du maquis, sous les châtaigniers, les érables et les frênes. Parfois, le sous-bois montre même une légère organisation.

Plus loin, le chemin monte assez sec, à 15% de pente.

Presque au sommet de la montée, en se retournant, on peut encore admirer les plages des Rosaires et de Tournemine.
On voit apparaître en grande quantité, dans le maquis traditionnel, des haies de lierre sauvage. Souvent, le maquis est couvert de mûres. Les gens d’ici en récoltent toute la saison qui dure trois mois, pour leurs confitures, armés qu’ils sont d’un crochet pour extraire les rameaux récalcitrants des amas d’ajoncs.

Le chemin sort bientôt du maquis sur une sorte de petit plateau, à 80 mètres du niveau de la mer, signe que nous sommes tout de même montés depuis Tournemine. Ici, on cultive les champs. On doit le dire, en Bretagne, les paysans ne vivent pas au bord de la mer et construisent leurs maisons bien en retrait du rivage. C’est comme s’ils redoutaient, à juste raison, l’excès de la mer.

Sur le plateau, une route au goudron fatigué contourne les champs.

Ici, on annonce le Petit Havre à 2 km et Binic à 6.5 km.

Section 5 : De la Pointe de Pordic vers Binic.

 

Aperçu général des difficultés du parcours : succession de montagnes russes.

Le GR34 descend alors sur l’embryon de route avant de rejoindre plus loin le chemin de terre.

Au loin, le regard peut encore plonger sur les plages des Rosaires et de Tournemine.

Un peu plus bas, la route se rétrécit et un chemin part dans le maquis vers les premières maisons du village étendu de Pordic.

Le chemin passe au lieudit Barillet, où arrive une route depuis Pordic, d’où part un Chemin des Douaniers.

Le chemin va alors faire le tour de la Pointe de Pordic, dans les fougères, les ajoncs et les genêts, dans un espace grandiose, fort dépouillé.

En dessous l’extraordinaire plage du Barillet, dans une crique, où on n’arrive peut-être que par bateau, à moins qu’il existe un chemin secret dans le maquis pour y accéder. Sans doute !

Le chemin fait le tour du promontoire dans le maquis. Ici, un chemin plus régional nous fait compagnie.

Bientôt, on aperçoit devant soi la baie de Binic, et plus loin encore le port de St Quay/Portrieux.

Binic vous semble à deux pas, mais ne vous y fiez pas, il y a encore quelques criques à passer. D’ailleurs, le chemin descend dans les cailloux vers le Petit Havre.

La descente est assez rude ici jusqu’à la plage de sable gris, où on arrive aussi en voiture.

Un étroit chemin remonte alors en rude pente sur la corniche au-dessus de la plage.

Le maquis est toujours plus beau, plus dense, plus grandiloquent, de penchant sur les falaises.

Ici, les frênes prennent parfois pris la mesure des érables, des chênes et des pins.

Le chemin ondule longuement au-dessus des falaises et des plages de Port Jehan, où aucune civilisation ne tient lieu. La chaude lumière d’automne fait briller les fougères, les ronces et les ajoncs, donnant des tâches presque impressionnistes.

Si la balade est agréable, la pente est parfois un peu plus rude, le chemin montant progressivement depuis Le Petit Havre. Plus loin, le maquis a perdu grandement ses grands arbres.

En dessous, les plages  de sable gris, vides d’humains, de Port Jehan. Même au cours de la saison estivale, ces plages ne doivent guère être fréquentées. Binic se rapproche devant vous.

Section 6 : A Binic, petite station du bord de mer.

 

 

Aperçu général des difficultés du parcours : succession de montagnes russes.

Peu après, le chemin arrive au sommet de la corniche sur les rochers, près de la Pointe de Bréhir. On s’est rapproché de Binic, mais il y a encore une combe à franchir.

Le chemin descend alors en pente forte d’abord sur les rochers, puis dans le maquis.

Le chemin rejoint alors les galets de la plage grise au niveau où coule le Vau Madec.

Le GR34 traverse le ruisseau de Vau Madec. Même s’il pleut beaucoup en Bretagne, ce que d’aucuns croient encore, l’eau ne descend que de collines qui ne dépassent guère les 80 mètres de hauteur. Par conséquent, les rivières coulent à bas niveau. Alors, ici, le chemin remonte dans le sous-bois et le maquis où on retrouve un peu les chênes et les érables.

La végétation est dense ici, les fougères hautes. Parfois, dans les trouées, on aperçoit la baie de Binic. Le chemin ondule avec volupté, en haut, en bas, sans cesse

Sur quelques centaines de mètres, la montée devient plus forte dans le maquis breton. Parfois c’est presque de la terre glaise.

Mais rapidement le chemin retrouve la quiétude du sous-bois dense, les fougères, les lierres, les lauriers sauvages et les ajoncs.

Puis, le chemin sort progressivement du sous-bois, en face de Binic, dans un espace plus aéré, on dira plus civilisé. Depuis quelques années ici, le chemin a été dévié pour raison d’éboulements.

Ici, nous sommes au-dessus des grandes plages de la Banche et du phare de Binic, au bout de la jetée. L’anse est si plate ici, qu’à marée basse, on a le sentiment qu’aucun bateau ne peut accoster dans les bancs de sable gris.

Plus loin, le chemin passe sous les grands chênes, puis dans les arbres fruitiers.

Ici, un jeu familial, la Quête des Korrigans, est une aventure basée sur des courses et des énigmes à résoudre pour trouver le site historique des Korrigans. Le chemin traverse le parc et se dirige vers Binic.

Au bas de la descente, le chemin arrive à Binic.

Nous sommes au niveau de la plage de la Banche. Le site du port est remarquable.

On traverse une passerelle pour gagner le quai du centre-ville. Binic est admistrativement relié à Etables-sur-Mer, juste à côté, avec une population globale de 6’500 habitants. C’est une ville touristique, avec tous les commerces, appelée communément “le grain de beauté des Côtes d’Armor”. Peut-être avec passion, mais il y a d’autres bijoux en Côtes d’Armor. L’église est assez récente.

Mais, Binic, c’est quatre siècles d’histoire liant le port à la morue. Les premiers bateaux en partance pour Terre-Neuve au Canada remontent au XVIème siècle. Au milieu du XIXème siècle, c’est le premier port morutier de France. La cité voit chaque année partir à la “grande pêche” plusieurs centaines de pêcheurs. Voici quelques chiffres pour vous monter l’ampleur du phénomène : près de 30 voiliers entre 1845 et 1865. Puis, le nombre baisse, pour n’être qu’une dizaine avant la guerre de 1914-1918. C’est là que se terminera l’aventure pour Binic, au lendemain de la première guerre mondiale, avec la concurrence des chalutiers à vapeur et le naufrage d’une partie de la flotte coulée par les sous-marins allemands.